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Le temps incompressible de la guérison, ou la nécessaire patience dans les processus thérapeutiques

par | Déc 14, 2020 | Non classé | 0 commentaires

Il y a quelque chose en nous qui court. Qui court dedans, qui court vers l’avant, quelque chose d’affolé.

Cette arythmie n’écoute pas, elle n’en a pas la possibilité. Elle n’entend pas le rythme du monde subtil, le battement de cil, le bruissement de la feuille, le souffle tranquille…

Ce quelque chose refuse de se déposer, de s’incliner, d’entrer en confidence, de faire confiance. Confiance au temps.

Le temps est un allié pourtant. Une force tranquille, la pulsation du tout, une marche lente, un mastodonte, le poul du monde.
Chacun peut l’entendre, le battement de cette peau, car nous sommes dans la bête, nous sommes dans son ventre, ce monde est vivant et nous sommes son enfant. En gestation en attendant la naissance, l’éclosion.

Guérir est un processus. Un chemin. Un temps long. Un temps incompressible.

Aussi longtemps que l’on s’agite, que l’on s’excite, que l’on panique, que l’on fuit, on ne peut pas saisir cette loi. La loi du temps long, la loi du temps incompressible de la guérison.

Après m’être agité toute ma vie, avant de m’effondrer en suivant les signes et mon feeling comme par magie je fut guidé dans une campagne paisible il y a quelques années. J’ai quitté la grande ville je me suis installé dans une communauté sur les collines du Vercors.
Ma plus grande occupation fut de regarder le vent, les arbres et les nuages, les étoiles et le feu,
de me déposer dans les plissement de mon être, dans l’essoufflement, le mal-être, dans la boue, les tempêtes…
C’est seulement dans ce temps-là de deux années que j’ai consacré à être plus que paraître, à sentir plutôt que faire, à guérir, Que j’ai pu me relever.
En vivre chichement, avec quelques centaines d’euros pour le loyer et la nourriture, et des gens de bonne compagnie, un bon frère-père, une gentillesse sorcière, une fée, au coin du feu…j’ai pu sentir. Renaître, revivre.

Plus tard ma douce compagne me ramènera dans le monde, me fera quitter ma colline avec tendresse, m’invitera à la suivre, à retourner dans le courant du vivant en mouvement. jusqu’à atteindre l’océan. Sans métaphore !

Cette expérience me souffle de te dire, à toi qui peut-être fatigue, toi qui peut-être n’en peut plus, de respecter le temps incompressible. Le temps incompressible de la guérison, un temps proportionnel à l’affliction, un temps pour recevoir les dons, le pardon, un temps pour la régénération.
Alors si tu le peux, trouve refuge, prends congé, laisse décanter, apprends à patienter, et au besoin fais-toi accompagner, c’est d’autant plus d’actualité que nous entrons dans l’hiver.
Alors bonne entrée dans l’hiver ma sœur, mon frère.

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