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De l’affirmation de Soi à la réalisation de Soi

par | Déc 13, 2020 | Articles | 0 commentaires

A la question de s’affirmer, je vois deux écoles.
👉L’humilité de la plupart des Yogis, des pieux saints ou de Lao Tseu qui dit : « Qui se dresse sur la pointe des pieds / ne tiendra pas longtemps debout / Qui fait de grandes enjambées / ne marchera pas très loin / Qui s’exhibe ne rayonnera pas / Qui s’affirme ne s’imposera pas »
VS
👉L’American Style « fake it until you make it » (pretend jusqu’à y arriver) / just do it / Shine bright like a diamond (brille fort comme un diamant), cf la culture du dépassement de Soi, de l’affirmation, de la surenchère, du challenge, du spectacle.
Les deux écoles me parlent et m’inspirent. Je vois de la vertu dans les deux postures.
L’humilité, la discrétion, la « saine fierté d’être soi », de n’être ni plus ni moins que ce que l’on est. La voie du sage qui sait que c’est la conquête de soi avant tout, avant la conquête du monde, qui importe. Qu’y a-t-il à affirmer ? Quel pouvoir ? Pour quoi faire ?
De l’autre côté, l’exubérance décomplexée, la libération, l’émotion, le dépassement de ses propres limites, la prise d’envergure, la démonstration, la folie créatrice spontanée et généreuse du don de soi et de plus que ce soi.
On peut avoir besoin de pratiquer ces deux voies conjointement selon sa problématique, pour prendre sa place dans ce monde. Il y a sûrement d’autres écoles encore que je ne connais pas. Ces deux-là en tout cas m’enseignent, m’apportent chacune leur médecine.
Une de mes enseignantes me reprend sans cesse, et m’exhorte à ne pas prétendre être ce que je ne suis pas, à ne pas monter sur la pointe des pieds mais à être depuis là où je suis, les pieds bien plantés, à ma bonne hauteur, à la taille que je fais vraiment. Parce que la vérité nous rattrape, toujours. À quoi bon se faire plus gros que le bœuf ? À quoi bon faire le paon, faire le beau ? S’illusionner et illusionner son petit monde ? À quoi bon vouloir être quelque chose que l’on est pas ?
Que l’on est pas… Pas ou pas encore ? Ne faut-il pas prétendre un peu ? Prétendre n’est-il pas aspirer à, se rapprocher de ? Pré-tendre son arc pour décocher la flèche ?
Car oui, pourquoi ne pas aller au-delà de Soi ? Fortifier ses ailes dans des altitudes pour lesquelles on est pas taillé à l’origine, se brancher à des voltage qui vont nous carboniser, nous pousser à nous redéfinir, et nous galvaniser ? N’est-ce pas ces expériences « trop » fortes pour nous qui nous font grandir ? Qui nous permettent de nous jauger et trouver la justesse..
Je crois que tout est une question de circonstances, et de nécessité : parfois rester à sa place, et parfois regarder plus loin, aller au delà, être davantage, devenir.
Pose-toi la question : sais-tu qui tu es vraiment ? pourquoi veux-tu faire ce que tu veux faire ? Être ce que tu veux être ? Et comment t’y prends-tu ? En as-tu l’étoffe ? Et si tu ne l’as pas, es-tu prêt à endurer les épreuves nécessaires pour devenir ?

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